Thése de Doctorat d'Etat ès Sciences naturelles, Université du Droit, d'Economie et des Sciences d'Aix Marseille,
Faculté des Sciences et Techniquee de St. Jérome, 1984.


      Résumé. - L'étude porte sur les environnemnts, la paléogéographie et l'évolution structurale d'un domaine cra-
      tonique, au cours du Carboni fère, sur 55 millions d'années.  La région étudiée Gourara, bassins de Reggan, de
      l'Ahmet et du Mouydir, se situait alors sur la bordure nord du continent africain, à l'amont d'une marge active
      ou s' édifiait la chaine varisque et sur le trajet d'une vieille chaine panafricaine, ancienne zone à croûte
      océanique, demeurée relativement mobile, à la jonction du vieux craton ouest-africain et du Sahara central.

           Pour tenter cet essai sur la pa1éodynamique d'un secteur africain, une base chronologique précise était
      nécessaire.  La stratigraphie présentée, étayée par dix biozones, résulte de l'exploitation systématique de
      l'ensemble des faunes par divers specialistes dont l'auteur.
  
         La série carbonifère se présente comme trois grands ensembles transgression-régression, correspondant à
      trois entités sédimentaires, paléogéographiques et structurales, qui se retrouvent sur toute la frange du cra-
      ton étudiée.  Le premièr de ces cycles est  struno-tournaisien, le second viséen, le troisième moscovien.

           Les mécanisms de ces transgressions-régressions sont abordés sur  l'ensemble du plateau continental.  Trois
      grandes transgressions, venues du Nord-Est, de la Téthys, viennent s'imbriquer dans des épandages deltaïques et
      fluviatiles ; les corrélations avec les stratotypes européens montrent qu'elles s'inscrivent dans l'histoire
      générale des mers carbonifères.  Au contraire, la dynamique des corps gréseux est comandée par des facteurs oro-
      épirogéniques locaux au régionaux (jeux en horsts et grabens) au plus généraux et 1iés alors à la dynamique de
      la plaque africaine, à la fin du troisième cycle.  Les réseaux fluviatiles étaient issus du Hoggar, qui fut dé-
      couvert à cette époque et constituait la source des matériaux.
 
          Du point de vue structural les déformations enregistrées sont de deux types:
           - des mouvemnts verticaux, rejeux d'accidents préexistants du socle, qui revètent une importance capita-
      le dans la structuration des bassins et signent l'instabilité quasi permanente de la zone panafricaine.Ces mouve-
      ments sont calqués sur les premières phases de l'orogénèse maghrébine.
           - des plissements, liés à une tectonique germanotype, polyphasée : une phase varisque permienne, une
      phase "alpine", fini-jurassique, des mouvemnts plus lacalisés au milieu du Crétacé, et des rejeux tertiaires
      et quaternaires qui marquent la permnence de la mobilité le long des grands accidents du socle.

           On peut dire pour conclure que les trois grands cycles carbonifères du Sahara central sont comandés par
      l'interférence de facteurs tectoniques, régionaux, et de facteurs eustatiques, planétaires ; ils forment ensem-
      ble un mégacycle, à  l'échelle du système, lié, lui, à un facteur de tectonique globale, la constitution de la
      Pangée.